Ecosse Archipel de St Kilda

Saint kilda Hervé Bré EnezGreen
Saint kilda Hervé Bré EnezGreen
Saint kilda Hervé Bré EnezGreen
Saint kilda Hervé Bré EnezGreen

St Kilda est un archipel inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO depuis 1986. C’est l’un des 24 sites dans le monde à bénéficier d’une double inscription, pour son patrimoine naturel et culturel.

Découverte d’un site naturel d’exception

Pas moins de mille sept cent cinquante personnes posent le pied chaque année sur l’île, débarqués par les bateaux de Kilda Cruises. Chaque arrivant est accueilli par le gestionnaire des lieux qui présente St Kilda lors d’un court briefing. Des conseils sur le comportement respectueux à adopter pendant la visite sont prodigués avec quelques mises en garde, notamment sur la circulation le long des falaises. L’endroit n’est pas très vaste, mais les plus sportifs ont la possibilité de parcourir quelques kilomètres et plusieurs centaines de mètres de dénivelé en peu de temps. Le sommet de l’île culmine à quatre cent trente mètres.

Une balade historique captivante

Il est recommandé de démarrer la randonnée par l’ancien village construit en 1830 où se trouve le musée qu’il ne faut surtout pas manquer pour une meilleure compréhension du site et de son histoire.

Derrière le village, les abris en pierre utilisés aujourd’hui par les moutons rappellent les anciennes maisons de St Kilda avec leurs murs en pierres de plus d’un mètre d’épaisseur, leur toiture constituée de pierres plates surmontées de végétal. La ventilation naturelle à travers les murs permettait d’évacuer l’humidité ambiante et les masses et densité des pierres assuraient un minimum de confort thermique grâce à l’accumulation du rayonnement lumineux. Confort tout relatif lorsqu’une tempête balayait les lieux avec des vents s’élevant à plus de deux cents kilomètres-heure !

Immersion dans une nature admirablement préservée

La direction du col est vivement recommandée. Situé au Nord Est du village, on y accède par un petit sentier escarpé qui conduit vers Conachair, le sommet de l’île culminant à 430 mètres. On arrive dans un premier temps au bord d’une falaise d’où la vue vers l’île de Boreray et de ses Stacs est somptueuse.

En poursuivant le sentier qui longe cette falaise, la plus haute du Royaume-Uni, le randonneur est accompagné par un véritable ballet d’oiseaux qui jouent avec les courants ascendants : Fulmars, Fous de Bassan et Skuas assurent le spectacle. Certains oiseaux rendent visite aux visiteurs et les approchent parfois de très près par curiosité. Soyez vigilants si vous apercevez un nid, car ils n’hésiteront pas à vous charger par réflexe d’autodéfense.

Les rencontres avec les moutons de Soay font partie de la balade. Il faut savoir qu’il s’agit de l’une des espèces les plus proches génétiquement de celles vivant à l’époque de la préhistoire !

L’île de Boreray : des découvertes archéologiques stupéfiantes

Les découvertes archéologiques effectuées en 2011 sur l’île de Boreray justifient un peu plus, si besoin en était, l’inscription du site de St Kilda au Patrimoine Mondial de l’Humanité à l’UNESCO.

Depuis les fouilles archéologiques, on savait que Hirta, l’île principale de l’archipel de St Kilda, avait été fréquentée il y a quatre à cinq mille ans avant que l’occupation ne devienne permanente. Malgré les conditions de vie rigoureuses imposées par les éléments, les habitants demeurèrent sur ce bout de terre jusqu’à l’évacuation qui fût décrétée en 1930 pour des raisons administratives.

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Les oiseaux de mer : une ressource importante pour l’homme

Si les populations qui se sont succédées ont pu survivre, c’est uniquement grâce à la ressource apportée par les oiseaux, à savoir leurs œufs et leur viande qui ont de tout temps constitué la base de l’alimentation. La pauvreté et le peu de superficies des terres, les difficultés d’accès à la ressource halieutique, le peu de marnage des marées qui ne génère pas la formation d’un estran suffisamment étendu pour y collecter les crustacés, ont provoqué ce comportement alimentaire très particulier dont on ne trouve aucune trace sur d’autres îles de notre planète.

Les îlots proches de Boreray et les deux Stacs qui le jouxtent abritant des dizaines de milliers d’oiseaux. On peut imaginer que les habitants de St Kilda s’y rendaient, quand les conditions météo étaient favorables, pour ramasser des œufs et capturer des oiseaux, mais on n’aurait jamais pu concevoir que des habitants avaient élu domicile sur des îlots aussi inhospitaliers depuis l’âge du fer ! Un endroit où il est difficile de trouver un mètre carré de terre horizontale et où les quelques surfaces herbeuses se trouvent sur des pentes vertigineuses qui risquent à tout moment de vous précipiter quelques dizaines de mètres plus bas...

Des capacités d’adaptation de l’homme insoupçonnées

Aussi, la stupéfaction a été générale quand on a apprit que les chercheurs envoyés par la Royal Commission on the Ancient Historical Monuments of Scotland (RCAHMS) et le National Trust for Scotland (NTS) ont découvert les traces d’un habitat de pierre dissimulé dans le sol de Boreray qui pourrait remonter à l’âge du fer. Outre quelques objets usuels, les archéologues ont mis en évidence que ces pentes abruptes étaient aménagées en terrasses pour y permettre la culture. L’analyse des graines récoltées sur place le confirme. Les raisons d’une implantation à un tel endroit sont tout simplement surprenantes et en disent long sur les capacités d’adaptation de l’humain.

Pour Ian Parker, l’un des responsables du RCAHMS pour cette mission, « C’est une découverte très significative et cela pourrait changer notre compréhension de l’histoire de St Kilda. Cette nouvelle découverte démontre qu’une communauté d’agriculteurs vivait sur Boreray à une époque qui pourrait remonter à la préhistoire. Les traces d’agriculture et d’habitat nous donnent une idée du mode de vie de ces premiers habitants. Cultiver dans cet endroit qui est surement l’un des plus isolés et inhospitaliers de tout l’Atlantique Nord a dû être une activité éreintante et harassante. Compte tenu des pentes abruptes et impraticables de l’île, il est ahurissant d’imaginer qu’ils aient même envisagé de vivre là ».

Les moutons sauvages millénaires de Soay

Impossible de ne pas croiser un mouton de Soay durant votre randonnée sur l’île de Hirta. Singuliers, ces moutons dotés de solides cornes et arborant une toison tantôt marron foncé, tantôt plus claire, ressemblent un peu aux mouflons de Corse ou des Alpes du Sud. Cette espèce de mouton se distingue aussi par sa panse de couleur claire qui caractérise les moutons sauvages.

Des animaux présents depuis l’âge de bronze

Soay est un petit îlot situé à quelques encablures de Hirta. Son accès est périlleux et ne peut s’entreprendre que par mer très calme. À cause de ses pentes abruptes et de sa végétation rase, les moutons ne peuvent y cohabiter en nombre. L’homme semble n’y avoir jamais habité, contrairement à Hirta ou Bororay et aucun prédateur du mouton n’y a jamais existé.

Les moutons de Soay seraient parqués là depuis une époque qui pourrait correspondre à celle de la domestication du mouton, soit l’âge de bronze. Durant cette période, ces animaux appartenaient aux seigneurs des îles Hébrides et non aux habitants de Hirta qui étaient seulement autorisés à ramasser la laine tombée au sol et à prélever un mouton de temps à autre pour améliorer un peu le quotidien.

En 1932, après l’évacuation des habitants de l’île d’Hirta, une centaine de moutons a été transférée depuis l’îlot de Soay. L’homme n’a donc à priori jamais interféré dans l’évolution de cette race et quand vous croisez des moutons, il faut réaliser qu’il s’agit des mêmes bêtes qui fréquentaient les lieux il y a plus de trois mille ans !

Une capacité d’adaptation exemplaire à l’évolution climatique

Par conséquent, ces animaux sont très surveillés par les scientifiques qui ont relevé les caractéristiques physiques et ont réalisé des analyses d’ADN sur plus de 8500 animaux. Suite aux résultats, si la population semble augmenter globalement, la taille moyenne du mouton semble diminuer. D’après Ana Bento, scientifique du Département de Biologie à l’Imperial College de Silwood Park, et d’Alastair Wilson, chercheur de l’Institut d’Évolution Biologique de l’Université d’Edimburgh, ces variations morphologiques pourraient provenir de l’évolution des conditions environnementales locales.

Le climat et ses variations de température semblent jouer un rôle important dans la modification de la thermorégulation du mouton. De même, ils modifient localement le développement de la flore dont le mouton de Soay profite sans contrainte au moins six mois de l’année. Par ailleurs, les contraintes alimentaires se sont assouplies durant la période hivernale favorisant les conditions de reproduction qui ont lieu à ce moment. Il est néanmoins trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur ces modifications environnementales et comportementales.

Compte tenu des conditions de vie particulières à cet endroit, il est particulièrement intéressant de constater la capacité d’adaptation de cette espèce de mouton à l’évolution du climat et de l’environnement naturel.

à retenir

Un site naturel exceptionnel ★★★

S’il est parfois difficile de comprendre comment les Highlands, les hautes terres de l’Écosse furent colonisées, il est complètement stupéfiant d’apprendre qu’il y a quatre mille ans des hommes vivaient sur ces îles volcaniques, bouts de cailloux inhospitaliers situés aux avant-postes des tempêtes les plus monstrueuses qui frappent l’hémisphère nord !

Il est possible d’imaginer que quelques hommes aient échoué sur ces cailloux pour quelques raisons que ce soit, mais il est moins évident de concevoir qu’ils aient survécu en y organisant leur résidence et en réussissant à assurer leur descendance... Même s’il s’avère que le climat a été plus clément en ces temps reculés, il n’en demeure pas moins que les tempêtes y ont toujours été d’une violence rare puisqu’on enregistre régulièrement des vents avoisinant les deux cents kilomètres-heure. Le record des îles Britanniques y est détenu avec des vents avoisinant les trois cents kilomètres-heure !

Aujourd’hui, les lieux sont surtout colonisés par les oiseaux qui y pullulent. St Kilda est d’ailleurs le seul exemple au monde où une dépendance s’est établie entre l’oiseau et l’homme pour assurer la survie de ce dernier.

Une biodiversité exceptionnelle gérée par le Scotland National Trust ★★

La gestion de l’archipel a été confiée par le Scotland National Trust au SNH (Scottish Natural Heritage) qui assure la protection des paysages et des patrimoines naturel et culturel. Le SNH gère cet endroit comme une réserve nationale tout en respectant les termes de l’accord passé avec le Scotland National Trust.

Le Trust finance la présence d’un archéologue qui continue à fouiller méticuleusement les lieux. Par ailleurs, l’île accueille en permanence des scientifiques qui viennent travailler sur la faune, la flore, le climat, le mouton de Soay et la vie marine.

Malgré la rigueur du climat, la présence de sel apporté par les embruns et la pauvreté du sol, on y dénombre pas moins de 174 plantes à fleurs. Un chiffre important, mais bien inférieur aux 600 plantes inventoriées dans les îles Hébrides voisines ou aux 2000 espèces du continent.

Du côté de la faune, plus de cinq cent mille oiseaux nichent sur ces îlots qui constituent l’un des endroits de nidification les plus importants de l’hémisphère Nord. Parmi eux, soixante-cinq mille fulmars et plus de cinquante mille Fous de Bassan qui migrent ensuite vers des terres lointaines comme les côtes Danoises.

Un musée situé dans l’ancien village retrace remarquablement l’histoire des lieux. De nombreuses photographies d’époque décrivent les conditions de vie passées jusqu’au départ, en 1930, des derniers occupants.

Le ministère de la défense écossais participe aussi à la gestion de l’archipel puisque c’est l’un des rares occupants des lieux. Les installations sont d’ailleurs malheureusement peu intégrées dans ce paysage d’exception et en particulier le bâtiment qui abrite la génératrice qui pouvait difficilement passer moins inaperçue...

Un service minimum pour découvrir le site

Dès votre débarquement sur l’île par Kilda Cruises, vous êtes accueillis par le gardien du site employé par le SNH qui vous fait une rapide présentation du site avant de vous laisser quartier libre.

Sachez qu’aucune boisson ou nourriture ne peut être obtenue sur place, aussi, mieux vaut prévoir par vous-même ou avec votre transporteur le nécessaire pour la journée.

Il existe une boutique souvenir habilitée à affranchir les cartes postales avec le tampon de St Kilda. La boutique n’ouvre pas systématiquement et c’est votre opérateur qui négocie l’heure de son ouverture avec le gardien.

En dehors du musée, l’absence de signalétique et de panneaux informatifs fait défaut à différents endroits du site, d’où l’importance de vous informer sur les lieux avant, ou auprès de votre opérateur.

NOTRE APPRÉCIATION

Site / environnement
3
Qualité prestation
0
Politique durable
2

Informations utiles

Tarif « à partir de » *: 0.00
* Kilda Cruises propose des prestations fiables avec aller retour sur St Kilda.
Période d'ouverture:
Toute l'année.