Randonnées palmées dans la réserve naturelle de Coin de Mire

Coin de Mire Maurice @ Laetitia Scuiller EnezGreen
Coin de Mire Maurice @ Laetitia Scuiller EnezGreen
Coin de Mire Maurice @ Laetitia Scuiller EnezGreen
Coin de Mire Maurice @ Laetitia Scuiller EnezGreen
Coin de Mire Maurice @ Laetitia Scuiller EnezGreen

Le rocher de Coin de Mire offre l’un des plus beaux panoramas de l’île Maurice. Dans les fonds marins de cet îlot et tout autour du récif corallien du Cap Malheureux se cache une biodiversité préservée. Pour la découvrir, l'idéal est de se laisser guider par les pêcheurs du village qui proposent balades en mer et randonnées palmées, histoires et anecdotes incluses.

Si au premier abord, ce site « carte postale » semble un peu trop fréquenté par les touristes, la vue sur le lagon annihile tout sentiment d'oppression et l'on est vite captivé par la magie des lieux, les lumières et la sérénité qui s’en dégagent.

Une harmonie mauricienne à l'ombre des filaos

Les falaises de Coin de Mire s'élèvent délicatement sur la ligne d'horizon tandis qu'une pirogue arborant ses voiles colorées se glisse dans le paysage. Les chants des fidèles qui s’échappent de temps à autres de l’église créole au toit rouge ajoutent à l’harmonie du cadre.  Pendant les journées de braderie chrétienne animées par une sono tonitruante, les lieux sont moins tranquilles. Mais peu importe, on s’achète quelques samoussas et bonbons piments pour les déguster un peu plus loin sur la plage à l’ombre des filaos. En se promenant le long de la petite crique, on y rencontre une grand-mère et sa petite-fille installées sur les rochers de basaltes et affairées à nettoyer les poissons tout juste pêchés du lagon. Les rencontres avec les pêcheurs se font naturellement et simplement. Quelques minutes plus tard, nous trouvons une embarcation avec Rajoo qui nous parle de la mer et de " son lagon " avec passion. Nous faisons cap vers la barrière de corail et vers Coin de Mire.

La réserve naturelle de Coin de Mire et les paille-en-queue

Située à 8 km de la côte, l'île de Coin de Mire, apparaît comme un mirage entouré d'une eau limpide offrant d'éblouissants dégradés de vert, turquoise et bleu où il n'est pas rare de croiser des dauphins... Un banc de stenellas ou dauphins à long bec  nous escorte jusqu'à notre arrivée près de l'île. Ces petits dauphins, qui mesurent en moyenne deux mètres de long pour 75 kg, vivent en groupes de 25 à 100 individus. D'après les biologistes marins de Mauritius Marine Conservation Society qui observent les cétacés depuis une quinzaine d'années, les stenella longirostris se nourrissent exclusivement de petits poissons et de calamars, et  partent chasser au large en fin de journée et pendant la nuit. Ils reviennent près des côtes au petit matin pour se reposer et socialiser. Cette espèce de dauphins est réputée pour les sauts spectaculaires qui sont sa spécialité.

Nous approchons de l'île classée en réserve naturelle protégée et le spectacle offert par Dame Nature se poursuit. Coin de Mire sert de refuge pour de nombreux oiseaux marins qui nichent et pondent dans les falaises escarpées. Une horde d'oiseaux tournoient constamment au-dessus de l'île. Rajoo nous fait observer une silhouette gracieuse qui traverse délicatement le ciel bleu, il s'agit d'un paille-en-queue. "C'est l'oiseau emblématique de notre compagnie aérienne nationale " nous explique Rajoo, " on l'appelle ainsi à cause des plumes qui ressemblent à des brindilles de paille qui sortent de la base de la queue, on l'a d'ailleurs appelé paille-en-cul dans le passé ! " Nous observerons à plusieurs reprises ces magnifiques oiseaux pêcheurs effectuer de spectaculaires plongeons pour capturer des poissons.

L'étendue des massifs coraux et l'abondance de la faune témoignent de la bonne santé des fonds marins de Coin de Mire

Si le spectacle des oiseaux marins au-dessus de l'île sont captivants, les reflets colorés des coraux à travers la surface translucide de la mer sont autant d'appels à traverser le dioptre marin. Nous nous équipons de palmes, masque et tubas tandis que Rajoo nous emmène sur l'un de ses jardins secrets. Il nous propose bientôt de nous laisser dériver jusqu'au bout des falaises où il nous récupèrera une heure plus tard avec le bateau.

Les paysages sous-marins sont aussi époustouflants qu'à la surface et apparaissent comme un prolongement des falaises. La diversité et l'étendue des massifs coraux ainsi que l'abondance de la faune témoignent de la bonne santé des fonds marins de Coin de Mire, qui s'épanouissent loin du littoral surfréquenté de Maurice. Des nuées de demoiselles butinent au-dessus des sommets coralliens, tandis qu'évoluent ici et là de multiples espèces de poissons de récifs aux couleurs chatoyantes et aux formes diverses. Certains coraux sont décorés de petits spirographes multicolores, que l'on appelle à juste titre sapins de noël et qui rentrent précipitamment dans leur petite coquille à notre arrivée, créant un effet des plus scintllants. Avec un bon sens de l'observation, il est possible de repérer les têtes de jolies petites murènes qui sortent de leur refuge, telles des commères pour voir de quel remue-ménage il s'agit. Un banc de petites carangues argentées s'efface dans le bleu pour revenir quelques minutes plus tard autour de notre palanquée. Nous nous engouffrons dans des failles qui descendent en pente douce vers le fond et apercevons quelques ramifications de gorgones qui sont très denses sur certains sites de l'île, entre 20 et 30 mètres de prodondeur. Je me remémore les plongées inoubliables effectuées quelques jours plus tôt.

Des trésors insoupçonnés tels que les cônes, porcelaines et lambis...

L’île de Coin de Mire est très prisée par les plongeurs en bouteille pour ses magnifiques explorations et pour son épave, le "Djabeda", qui gît à -30 mètres de profondeur et qui vaut le détour pour la faune et flore qui l’ont colonisée.  Exposé aux courants du large, le site de plongée "Carpenters" situé à la pointe Sud Est de Coin de Mire est la promesse d’une plongée trépidante et aventureuse. C’est l’occasion d’aller explorer les tunnels, les grottes et les failles sous-marines de l’île dont certaines sont littéralement tapissées de gorgones. Entre les magnifiques ramifications de ces fleurs coralliennes qui se déploient comme de grands éventails dans le courant, les rencontres avec les rougets, les fusiliers, les vivaneaux et les carangues sont fréquentes. En scrutant la paroi des gorgones, il est possible d’y dénicher des nudibranches ou encore des crevettes translucides. Très bien préservés, les massifs coralliens sont éclatants de vie et de couleurs grâce à la présence des espèces classiques de poissons de récif qui les butinent. Plus éloignés de la côte et donc moins explorés, les sites de Coin de Mire recèlent par ailleurs des trésors insoupçonnés tels que les cônes, porcelaines et lambis, qu’il ne faut bien entendu que toucher des yeux...

Les coraux mauriciens demeurent aujourd'hui menacés

Avec son lagon de 240 km2 ceinturé d’une barrière de corail quasi ininterrompue de 150 km,  l’île Maurice compte une riche diversité de coraux. D'après le rapport du Global Coral Reef Monitoring Network (GCRMN), près de 160 espèces de coraux durs ont été identifiés sur 43 sites des récifs frangeants de l'île Maurice. L’état de santé des récifs coralliens est suivi depuis 1998 par le « réseau récif Commission Océan Indien », dans le cadre du réseau GCRMN qui a bénéficié d’un financement FEM / Banque mondiale et qui est actuellement soutenu par le projet « réseau des Aires Marines Protégées des pays de la COI ». Les phénomènes de blanchissement de corail qui ont eu lieu entre 2002 et 2003 ont néanmoins affecté une bonne partie du corail mauricien, même si depuis ces dernières années le récif s’est reconstitué et que l’on observe la croissance de nouveau spécimen, en particulier sur les pentes externes de la barrière. De manière générale, on constate que la couverture corallienne est stable, malgré les rejets d’effluents agricoles et domestiques qui augmentent la couverture algale, avec un arrière-plan des récifs  frangeants dominé par les acroporas branchus et tabulaires. Rodrigues se distingue par sa bonne couverture corallienne et surtout sur les pentes externes, mais le platier est néanmoins affecté par des pratiques de pêche destructrices.

Les coraux mauriciens demeurent aujourd'hui menacés par les cyclones, les maladies coralliennes, les acanthasters, le blanchissement de corail et bien sûr la pression anthropique.

à retenir

Cap Malheureux et Coin de Mire ★★★

Coin de Mire est située à 8km de la côte nord de l'île Maurice, d'où on peut admirer sa silhouette qui ressemble aux petits morceaux de bois servant à caler les canons. L'îlot est classé en réserve naturelle protégée abritant de nombreux oiseaux. Inaccessible à pied, l'île s'approche uniquement par bateau mais il est impossible d'y accoster. Nombres d'opérateurs de croisières en bateau, de randonnées palmées et de plongées s'y rendent pour y admirer les fonds coralliens préservés et le paysage renversant des falaises battues par les vagues et les vents marins...

C'est Cap Malheureux qui offre la vue la plus imprenable sur le Coin de Mire. La vue sur la lagon est également incroyable depuis la petite plage de sable fin où les pêcheurs déposent leurs barques.

Une réserve naturelle protégée abritant de nombreux oiseaux et une flore rare ★

L'éradication dans les années 1990 du lapin, du surmulot et du lièvre à cou noir introduits a permis d'améliorer la situation de l'îlot qui abrite de nombreux oiseaux, notamment le célèbre paille-en-queue et des reptiles endémiques,et qui est aussi réputé pour ses spots de snorkeling et de plongée.

Côté flore, l’îlot de Coin de Mire possède un écosystème dominé par 48 espèces exotiques et 24 espèces endémiques, dont certaines rares.

De l'importance de choisir un bon opérateur

Plusieurs opérateurs proposent leurs services depuis le petit port de Cap Malheureux. Il s'agit la plupart du temps de petits pêcheurs qui connaissent parfaitement cette précieuse étendue marine entre Cap Malheureux et Coin de Mire et qui se convertissent en guide comme activité complémentaire. Il est conseillé au préalable de vérifier l'embarcation et la présence de gilets de sauvetage en bon état, de fixer un tarif pour la prestation et d'échanger un minimum avec le prestataire afin de sentir s'il connaît bien les lieux. Si toutes les conditions sont réunies, vous passerez un excellent moment et découvrirez un magnifique site sous-marin. Si vous êtes à l'aise dans l'eau, l'opérateur peut vous proposer de vous laisser dériver jusqu'au bout des falaises où il vous récupère plus tard avec le bateau.

NOTRE APPRÉCIATION

Site / environnement
3
Qualité prestation
0
Politique durable
1

Informations utiles

Tarif « à partir de » *: 0.00
* Les tarifs varient en fonction des guides pêcheurs et du choix de la prestation.
Période d'ouverture:
Toute l'année