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Ecosse : des phoques massacrés pour protéger les stocks de saumons

Si les phoques sont protégés par la législation européenne, la loi écossaise autorise leur tuerie dans le but de protéger les stocks de saumons et les équipements des fermes aquacoles. Des centaines de phoques sont ainsi massacrés chaque année, au-delà des quotas dans des conditions souvent inhumaines et principalement durant la saison de reproduction. Les autorités sont appelées à réagir pour cesser d'émettre des permis, mettre en place des solutions non létales pour contrôler les population de phoques et veiller à l'image de l'Ecosse, si réputée pour sa nature marine sauvage et préservée.

Des centaines de phoques sont tués chaque année durant la période reproduction et comprennent un tiers de femelles enceintes ou avec des nouveaux-nés, selon une nouvelle étude scientifique majeure

Face à l'ampleur des massacres de phoques dans le passé, le gouvernement écossais avait prit la décision en 2010, via le "Marine Scotland Act", d'essayer de réglementer ces abattages en octroyant un certain nombre de permis avec des quotas à respecter pour chaque compagnie de pêche. Ces compagnies spécialisées dans la pêche de saumons, telle la Usan Salmon Fisheries, qui possède la fameuse marque Scottish Wild Salmon, tuent des phoques par centaines pour protéger leurs leurs filets tendus en mer pour capturer des saumons sauvages, dont un seul spécimen vaut 60 €. L'Écosse est considérée comme l'une des régions les plus importantes de pêche au saumon sauvage en Europe.

Cependant, les quotas sont loin d'être respectés et les conditions d'abattages sont inacceptables, comme le révèle une nouvelle étude scientifique majeure. Des femelles enceintes ou allaitantes sont abattues, les bébés phoques étant voués à mourir de faim, selon l'étude. Certains phoques ont été abattus dans le cou à la place de la tête ou visé à plusieurs reprises en violation des directives officielles. La plupart des compagnies de pêche tendent par ailleurs à oublier que l'abattage d'un phoque qui menacerait les filets ne doit se faire, selon la loi, qu'en dernier recours, une fois que toutes les autres méthodes non-létales ont été utilisées...

Les résultats de l'étude ont soulevé des préoccupations importantes des scientifiques qui ont recommandé une meilleure application de la loi, des contrôles indépendants et une utilisation accrue des méthodes non létales de contrôle de phoques, ainsi que l'introduction de périodes de fermeture pour le tir.

Indignées, les associations de protection des animaux ont condamné les massacres comme un «catalogue choquant de souffrance» et réclament un terme à l'abattage et une interdiction immédiate des tirs autorisés de femelles enceintes ou allaitant leurs petits.

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La poursuite du massacre de phoques nuit à l'image de l'Ecosse à l'étranger

Les militants soulignent également que la pratique de l'abattage des phoques pour protéger les stocks de poisson est susceptible de tomber sous le coup de nouvelles lois sévères sur les importations introduites par les Etats-Unis. En effet, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a mis en place de nouvelles règles pour limiter l'importation de poissons. Pour se conformer aux normes américaines, les nations qui veulent vendre aux États-Unis doivent avoir un programme qui «interdit le de tuer intentionnellement ou de blesser gravement les mammifères marins dans toutes les pêcheries». En cas de non-respect de cette règle, l'Écosse devrait se passer d'un marché de 213 millions de £ pour le saumon écossais, avertissent-ils.

Par ailleurs, une méthode non-létale de répulsion des phoques mise au point par l'Université de St Andrews a donné d'excellents résultats. En investissant dans ces appareils de répulsion acoustique, les sociétés de pêche pourraient protéger leurs filets avec efficacité et sans conséquence sur l'écosystème et la vie des phoques.

Sources : Herald Scotland