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Nouvelle-Calédonie : revégétalisation des sols miniers en cours

Nouvelle Calédonie @ Hervé Bré EnezGreen

Si les mines de nickel de Nouvelle-Calédonie sont synonymes de pollution, la mise en valeur d'une plante endémique pourrait changer la donne. L'arbuste, appelé "Grevillea exul exul" est capable d'accumuler les métaux qu’il récupère dans le sol avant de les stocker dans ses feuilles. Alors que des milliers d’hectares sont dévastés par l’extraction minière en Nouvelle-Calédonie, l’objectif du laboratoire ChimEco du CNRS est de coupler revégétalisation des sols miniers et valorisation des plantes pour la chimie verte.

Un terrain propice en termes de potentiels géologiques et de volonté de réhabiliter les sites miniers

Des plantes endémiques capables d'accumuler les métaux qu’elles récupèrent dans le sol avant de les stocker dans leurs feuilles.

Sur les flancs du gigantesque gisement de nickel du Koniambo, au nord de la Nouvelle-Calédonie, une parcelle enclose abrite les plantations du laboratoire de Chimie bio-inspirée et innovations écologiques (ChimEco) du CNRS, que dirige Claude Grison. Cette chimiste internationalement reconnue, professeur à l’Université de Montpellier, a mis en évidence le potentiel de ces plantes endémiques, aux propriétés extraordinaires, pour la chimie durable.

Des catalyseurs biosourcés plus efficaces que les catalyseurs classiques

Avec son équipe, la scientifique a mis au point un procédé innovant permettant d’utiliser les vieilles feuilles (litière) de ces plantes pour les transformer en éco-catalyseurs de chimie. Accélérateurs de réaction, les catalyseurs sont très utilisés dans l’industrie cosmétique, agro-alimentaire, pharmaceutique ou chimique.

Or chaque année, le règlement européen REACH, qui sécurise la fabrication et l’utilisation de substances chimiques dans l’industrie, allonge la liste des métaux interdits, présents dans les catalyseurs traditionnels. «Cela explique le fort intérêt que suscitent nos travaux auprès des industriels, à la recherche d’alternatives. D’autant, que ces catalyseurs "biosourcés" se révèlent plus efficaces que les catalyseurs classiques», souligne Claude Grison.

Si la chimiste a mis le cap sur le Caillou, c'est parque le terrain particulièrement propice tant en termes de potentiels géologiques que de volonté de réhabiliter les sites miniers. Sur la parcelle expérimentale de Koniambo, le choix s’est porté sur un arbuste, appelé «Grevillea exul exul», très utilisé pour la revégétalisation des sols miniers et accumulateur de manganèse. Alors que des milliers d’hectares sont dévastés par l’extraction minière en Nouvelle-Calédonie, l’objectif du programme est de coupler revégétalisation et valorisation des plantes pour la chimie verte.

Ingénieur de recherche au CNRS, Cyril Poullain assure, avec l’appui de l’IAC (Institut Agronomique Calédonien), le suivi des plantations, dont trois se situent sur des mines de la Société Le Nickel (SLN), filiale du groupe minier français Eramet et le premier employeur privé de Nouvelle-Calédonie.

Sources : AFP