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Île de Sein

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Phare du Men brial Ile de Sein - Laetitia Scuiller EnezGreen
Phare du Men brial Ile de Sein - Laetitia Scuiller EnezGreen
Phare du Men brial Ile de Sein - Laetitia Scuiller EnezGreen
Phare du Men brial Ile de Sein - Laetitia Scuiller EnezGreen
Phare du Men brial Ile de Sein - Laetitia Scuiller EnezGreen

À quelques milles au large de la Pointe du Raz, l'île de Sein serpente sur les flots écumants de la mer d'Iroise sur quelques 2 km. Tenant fièrement tête à l'océan, de tous points de l'île omniprésent, elle résiste miraculeusement aux tempêtes les plus sauvages de l'ouest et s'illumine tout aussi prodigieusement sous de fascinantes lumières estivales.

Encadrée d'innombrables récifs et épaves et veillée par les mythiques phares d'Ar Men, de Tevennec et de la Vieille, l'île apparaît sous la brume ou le soleil comme par enchantement et confère à ses visiteurs cette indicible et délicieuse sensation de bout du monde, surtout une fois le dernier ferry parti.

Une magie pas si surprenante quand on lit les légendes et récits romains. C'est sur cette "île sainte des Sept-Sommeils que vivaient neuf vierges prophétiques, ces druidesses appelées gallicènes avaient le pouvoir de déchaîner les vents et de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir de maux incurables...".

Composée de sables et de galets, de lande moelleuse et fleurie, et totalement dénuée d'arbre, l'île de Sein fascine par ce féerique équilibre minéral à la fois rude et fragile et par ses habitants viscéralement attachés à ce radeau si souvent malmené par les vagues furieuses et les vents hurlants. Blotties les unes contre les autres et regroupées autour du port, les maisons témoignent du désir de rapprochement des habitants pour faire front aux éléments. Durant les tempêtes les plus marquantes, ils se retrouvés acculés sur les toits des maisons !

Si vulnérable et si petite (60 ha) soit-elle, Sein a atteint des densités de population étonnament élevées au début du XXème siècle, dépassant les 1000 habitants en 1936 ! Un miracle qui s'explique par l'abondance des crustacés (homards et langoustes surtout) qui a permis à l'île de s'inscrire un temps comme une véritable base pour la pêche, attirant jusque les Paimpolais... C'est dire !

L'île de Sein est située dans le Sud de la mer d'Iroise, à 8 km de la pointe du Raz dont elle est séparée par le Raz de Sein.

Elle fait partie d'une arête granitique dont la partie immergée se prolonge sur 25 km vers le large et forme la barrière de récifs appelée la chaussée de Sein, dont l'île constitue le point culminant.

Sein s'étend sur 2 km de long et sa largeur varie de 30 à 500 mètres. Elle est entourée de nombreux récifs et rochers ainsi que d'un îlot, Kélaourou, situé dans le prolongement sud-est de l'île.

Cette petite ’île finistérienne, en forme de "S" inversé ou d'hyppocampe, se distingue comme un cas extrême pour de nombreuses raisons : île basse, elle n’émerge qu’à hauteur de 1,5 mètre en moyenne, avec un point culminant à 9 mètres, elle est tout aussi exiguë (une soixantaine d’hectares), fortement découpée et exposée aux 360 degrés de la rose des vents, et est par conséquent particulièrement vulnérable aux tempêtes. La sensibilité de l’île au risque de submersion, mais aussi d’érosion, est extrême, tout particulièrement face au réchauffement climatique.

Le Parc naturel régional d'Armorique

Créé en 1969, le Parc naturel régional d'Armorique intègre l'île de Sein et vise à en assurer la connaissance du patrimoine naturel et la gestion de l'entretien des espaces naturels. Sur l'île de Sein, le PNRA gère actuellement le rapport de la Taxe Barnier, reversée à la Commune pour l'entretien des espaces naturels. Cette taxe est perçue sur le billet des passagers maritimes et les recettes sont affectées à la protection de l’environnement (loi du 2 Février 1995).

La Réserve de Biosphère d'Iroise

Depuis septembre 2013, l'île de Sein a rejoint Molène et Ouessant dans la Réserve de Biosphère d'Iroise. De ce fait, celle-ci devient Réserve de biosphère des Îles et de la Mer d’Iroise. Ce label est une reconnaissance de l’Unesco afin d'aider à promouvoir un développement durable basé sur les efforts combinés des communautés locales et du monde scientifique. Actuellement, 13 réserves de ce type existent en France. Les réserves de biosphère sont des lieux choisis en vue de servir de lieux d’expérimentation de diverses approches de gestion intégrée de la biodiversité et des ressources terrestres, marines, côtières, ainsi que des ressources en eau douce. Les réserves sont aussi des sites d’expérimentation et d’apprentissage du développement durable. La surface totale est désormais de 99 149 hectares et compte 1 324 habitants.

Le parc marin naturel d'Iroise

Premier parc marin en France, le parc naturel marin d'Iroise a vu le jour fin 2007 après de nombreuses années d'opposition et de débats. Ses missions principales étant connaissance, protection et développement durable du milieu marin. Il mène plusieurs actions sur l'Île de Sein tel que le travail avec le comité des pêches d'Audierne et les pêcheurs de Sein sur le cantonnement de la langouste rouge sur la Chaussée de Sein afin d'en reconquérir les stocks, le marquage de langoustes et homards pour étudier leurs déplacements (2012), le soutien financier pour la création d'une station d'affinage d'huîtres (création d'un emploi), des actions pédagogiques et de sensibilisation (accueil de classes de mer, découverte de l'estran et de la vie insulaire, diffusion gratuite de règlettes du pêcheur à pied et de fascicules sur les bonnes pratiques de la pêche à pied et le respect des tailles de capture).

Font également partie des actions de l'équipe du PNMI le suivi du champ d'algues (2008 à 2010) pour définir l'incidence de leur exploitation sur la repousse et le suivi de la qualité des eaux, mettant en relief l'incidence des courants et des bassins versants (La Loire influe sur la qualité des eaux autour de l'île !), la photo-identification des phoques et dauphins afin d'évaluer leur population et leurs déplacements, le comptage et suivi des oiseaux limicoles (depuis hiver 2010), le suivi du champ du blocs afin d'évaluer l'incidence des pratiques de pêche à pied (depuis 2011), le ramassage et suivi des macro-déchets (déchets venant s'échouer sur la laisse de mer) depuis 2010.

À noter la suspension de l'exploitation des bancs de Kafarnao (ensemble de dunes sous-marines formant une barrière naturelle et protégeant l'île de Sein en "cassant" les grandes houles océaniques. Ces bancs furent de hauts lieux de la pêche sénane jusque dans la fin des années 1980). La population sénane s'oppose farouchement à la poursuite de l'extraction de ce sable coquillier d'importance majeur pour les pêcheurs et pour la protection naturelle de l'île déjà bien assaillie par la mer...

L’association «Port d’intérêt patrimonial»

L’association «Port d’intérêt patrimonial» a été créée le 16 novembre 2011, à l’initiative d’une vingtaine de maires de communes littorales du Finistère, dans le but de protéger et de valoriser le patrimoine historique bâti de leur port. L'île de Sein est le premier port labellisé au sein de l'Association (12 décembre 2013).

Enfin grâce à son environnement exceptionnel et ses paysages marquants, l'île de Sein est classée parmi les «plus beaux villages de France».

Sein est une île de pêcheurs

Historiquement, Sein est une île de pêcheurs. La pêche aux crustacés (homard, langouste) fût florissante durant la première moitié du XXème siècle. L’île finistérienne accueillait même en été des marins paimpolais en nombre, venant profiter de la proximité des zones de pêche. Mais les modestes moyens humains et financiers des pêcheurs sénans n’ont pas suffi face à la modernisation et les hausses de coût (raréfaction de la ressource, crises pétrolières).

L'aquaculture, un secteur d'avenir pour l'île

Aujourd’hui, seul un pêcheur professionnel (ligneurs/caseyeurs) est encore actif.

Les coquillage de l'île de Sein est l'unique activité ostréicole de l'île. Créée en 2014 par un jeune couple, Marie Robert et Stanilas Jousseaume, l'entreprise pratique l'affinage d'huîtres et s'appuie sur l'excellente qualité des eaux sénanes et l'image forte du parc marin naturel d'Iroise. Les huîtres sont vendues directement au point de vente dans une cabane de pêcheur située près du quai des Français libres - des dégustations y sont souvent proposées aux touristes. On les trouve également dans les plats des chefs de l'île et elles sont vendues aussi aux poissonniers et restaurateurs du continent.

Un projet de culture d'algue est également en cours. Méristème, une société de recherche et développement en algoculture vient de s'installer dans une ancienne écloserie de homards sur l'île vacante depuis quinze ans. Patrick Plan et sa femme Marie-Dominique - qui ont déjà créé l'entreprise d'algoculture et de transformation Aqua-B à Lesconil (Finsitère) - y cultiveront des algues, sans aucun impact environnemental.

Les secteurs de la pêche et l‘aquaculture constitue une source de diversification viable pour l’économie de l’île de Sein.

Naufrages d'antan, courage des pêcheurs résistants et sauvetages des héros de la SNSM

Souvents décrits tout au long du 17ème siècle, comme des pilleurs, les habitants de l’île de Sein vont devenir aux yeux des institutions et des marins de véritables sauveteurs en mer. Le nombre élevé de naufrages sur l’île tout au long du 18ème siècle va forger dans cette communauté de pêcheurs une identité et des spécificités face aux accidents maritimes.

190 épaves ont été recensées entre la Pointe du Raz jusqu'au bout de la chaussée de Sein

Marins habiles et audacieux, les Sénans ont su s'illustrer tout au long de leur histoire dans le sauvetage en mer. Ces actes d'héroïsme valurent à la population de l'île d'être exemptée d'impôt foncier.

Dès le mois de juin 1940, sur les 400 hommes qui rejoignent le général de Gaulle après son appel, 130 viennent de l'île de Sein, soit la presque totalité des hommes valides de l'île qui est, en raison de cet engagement, faite Compagnon de la Libération en 1946.

La commune française la plus décorée de la Seconde Guerre mondiale

L'île de Sein est au titre de la Seconde Guerre mondiale la commune française la plus décorée, ayant reçu la croix de la Libération, la croix de guerre 1939-1945, et la médaille de la Résistance.

Seul témoin encore flottant de cette époque de la résistance, le Corbeau des Mers est un ancien langoustier, classé Monument historique en 1991. Propriété du musée de la Résistance bretonne de Saint-Marcel, il vient d'être restauré au chantier Tanguy de Douarnenez. Construit en 1931 pour le patron-pêcheur Pierre Cuillandre, il s'est illustré, de même que le Rouanez-ar-Péoc'h et le Maris Stella, en répondant à l'appel du 18 juin du général de Gaulle en 1940. Ainsi le e 26 juin 1940, Pierre Cuillandre et 27 Sénans ont navigué vers Newlyn en Angleterre pour rejoindre les forces françaises libres.

Informations pratiques

Population : une centaine d'habitants permanents.

Superficie : 0.6 km

Temps de traversée : 60 à 70 minutes selon les conditions météo.

Embarcadère : au départ d’Audierne, embarcadère Ste Evette.

La compagnie maritime Penn Ar Bed propose des traversées vers l'île de Sein tous les jours de l'année.

La compagnie Finsit-Mer propose des traversées depuis Audierne durant tous l'été.

Transport local : à pied et à charrette !

Les voitures sont bannies de l'île à l'exception du camion des pompiers, d'une camionnette-citerne et d'un tracteur tirant des poubelles. L’usage des bicyclettes est même interdit en juillet et août par arrêté municipal.

Meilleures périodes pour profiter agréablement de l'île sans la foule estivale : juin et septembre.

Pour observer les nombreux oiseaux migrateurs faisant escale sur l'île de Sein : fin août à mi-novembre.

Pour admirer les tempêtes se déchaîner sur la spectaculaire pointe du Raz et les phares de La Veille et de Tévennec : en hiver.

Les incontournables :

Ile de Sein Nautisme propose des sorties en kayak. Incontournable pour admirer l'île depuis la mer et pour croiser le vol de cormorans, sternes, et autre mouettes rieuses, ou rencontrer des phoques ou avec de la chance le banc de dauphins à long bec résident dans les eaux environnant l'île.

Au bout de l'île, le phare du Goulenez se visite de 11h à 16h en juillet et août et de 11h à 13h en septembre. Vue panoramique imprenable sur toute l'île, sur la chaussée de Sein et tout au bout le légendaire phare d'Ar Men dont la construction entre 1867 et 1881 a été particulièrement dangereuse. Il était surnommé "l'enfer des enfers" par les gardiens de phare en raison des innombrables tempêtes qui faisaient trembler tout l'édifice et des relèves souvent retardées face aux conditions météo extrêmes.

L'écomusée et le musée du sauvetage dans l’ancien abri du marin, quai des Paimpolais, permet de découvrir "la vie d'autrefois et d'aujourd'hui" ainsi que l'histoire du sauvetage en mer très fréquent dans les parages de Sein. Ouvert tous les jours du 1er mai au 30 septembre.

La chapelle Saint Corentin remarquablement restaurée à quelques mètres du phare du Goulenez.

Le rassemblement des Sénans au coucher de soleil à l'heure de l'apéro sur le quai de la France Libre avec jeux de boules puis sur le quai des Paimpolais avec une vue éloignée et des plus satisfaisantes (!) sur le continent...